Pierres et flash-balls
Les policiers ont été accueillis par des jets de pierre, mercredi soir, dans la cité de Saige.
Tout a commencé par du chahut au bas d'un immmeuble mercredi soir, vers 20 heures, au sein de la cité Saige-Formanoir.
Excédés, un habitant du quartier et son épouse se plaignent, descendent; ils sont molestés par quatre garçons. Selon la police, le mari, âgé de 33 ans, se retrouve avec une dent cassée d'un coup de marteau. Il dépose plainte pour violences. Le lendemain, deux jeunes viennent proférer des menaces de mort à son encontre, l'enjoignant de retirer sa plainte. Une nouvelle altercation a lieu et les policiers interviennent vers 18 heures pour interpeller les deux suspects.
L'intervention n'a pas été facile. Les fonctionnaires de police se sont retrouvés face un attroupement d'une quarantaine de personnes dont une dizaine de jeunes gens armés de pierres. Un policier a d'ailleurs été légèreement blessé par le jet d'un projectile et ses collègues ont riposté en utilisant leurs flash-balls ainsi que du gaz lacrymogène. Un adolescent de 16 ans a finalement été arrêté.
Le soir, vers minuit, une nouvelle intervention des forces de l'ordre a eu lieu après l'embrasement d'une voiture volée dans la cité. Le second garçon, suspecté d'avoir proféré des menaces à l'encontre du riverain blessé, a été interpellé à son tour et conduit au commissariat de Pessac. Il est âgé de 19 ans. Les policiers ont à nouveau essuyé des jets de pierres et compté un blesssé léger dans leurs rangs. Le lendemain matin, les enquêteurs de la BSU de Pessac ont interpellé un jeune majeur soupçonné d'avoir commis les violences.
Ces incidents ont provoqué un certain émoi dans le quartier. Un habitant de l'allée des Forsythias, Pierre Coussy, 34 ans, a envoyé un courriel au préfet et au maire de Pessac pour exprimer son indignation.
« Il y avait des jeunes, des mamans, des enfants et des personnes âgées. Les policiers ont tiré au flash-ball au milieu des gens et ils ont fait usage de gaz. J'ai moi-même reçu des gaz irritants.» Rencontrée sur place, une mère de famille s'inquiète: « Mes enfants, que j'avais confiés à la voisine, étaient là et ils auraient pu être blessés. »
« Le tout a duré une quinzaine de minutes », témoigne un autre Pessacais. « Il y a eu des insultes des deux côtés, des lancers de projectiles de la part des jeunes. La situation s'est envenimée au milieu des habitants du quartier qui étaient dehors comme chaque soir. » Plus tard dans la nuit, les riverains ont été réveillés: une voiture brûlait sur le terrain de football « en représailles ». « Je n'ai pas dormi de la nuit, raconte une femme. Pourtant, c'est un quartier où j'aime vivre.
» Un voisin n'est pas de son avis: « Je m'en vais visiter ma nouvelle maison: je suis bien content de déménager, j'en ai marre de vivre comme cela ... »

